法国《解放报》的官方网站上的一篇新闻评论(终于翻得怒了!)
链接:
http://www.liberation.fr/actualite/monde/319747.FR.php
原文:
Chine, la propagande du complot
Sur la question du Tibet, le régime de Pékin accuse les médias occidentaux de «partialité».
De notre correspondante à Pékin Pascale NIVELLE
QUOTIDIEN : lundi 7 avril 2008
Sur le site de la BBC, accessible en Chine depuis une dizaine de jours, un internaute s’étonne :
«Les reportages sur la Chine divergent souvent de la vérité, pourquoi ?» Pour ce citoyen de Zhengzhou, la
«vérité» ne peut être que celle du Parti, lancé depuis le début de la crise du Tibet dans une énorme campagne de propagande. Le message, victimaire, est celui d’un complot occidental. Il vise à exacerber le nationalisme, toujours prêt à s’enflammer et déjà bien chauffé par les Jeux olympiques, vitrine de la fierté chinoise.
Xénophobes. Les Chinois, du moins la minorité qui s’exprime, réagissent comme l’espèrent leurs dirigeants. Face à la «
partialité» des médias occidentaux, accusés de passer sous silence les violences de Lhassa, ils manifestent un sentiment d’injustice et d’humiliation collectives, reprenant les termes belliqueux et xénophobes des communiqués officiels. La méthode du complot est usée, mais efficace. En 1999, lors du bombardement de l’ambassade de Chine à Belgrade qui avait fait trois victimes chinoises, des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue. Le peuple, sourd aux excuses américaines, avait lancé des briques et des cocktails molotov lors de manifestations suscitées par le pouvoir. Un
«soulèvement populaire» semblable s’était produit en 2005, lorsque le Japon avait brigué un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Ce sont les seules manifestations jamais autorisées en Chine.
Les Chinois ne sont pas descendus dans la rue depuis la crise du Tibet. Mais les mêmes ficelles servent aujourd’hui. Dans les journaux et à la télévision, tournent inlassablement les images de Lhassa ravagé par les émeutiers et les déclarations officielles qui diabolisent le dalaï-lama et sa
«clique», accusés de saboter les Jeux olympiques. Et fait nouveau, l’Internet, savamment contrôlé, est utilisé pour la propagande. Des forums apparaissent chaque jour sur les sites officiels de l’agence presse Xinhua, ou sur les grands portails comme sohu ou sina, tous contrôlés par l’Etat. Vendredi, journée des morts en Chine, plusieurs sites ont ouvert pour
«pleurer» les
«18 innocents tués le 14 mars à Lhassa, nos compatriotes», seules victimes reconnues par Pékin. En 24 heures, selon le directeur du site Sohu, 9,6 millions de
«bouquets virtuels» auraient été déposés par des internautes. Un site ouvert par Sina.com pour protester contre
«les médias occidentaux», notamment la BBC et CNN, aurait recueilli 1,14 million de signatures. A usage externe, le discours officiel reste martial. La Chine affirme son autorité. Les pays hôtes de la flamme olympique sont sommés de faire régner l’ordre chez eux, les médias coupables de fausses informations (et toujours interdits d’accès au Tibet) sont sévèrement tancés. Le ministère des Affaires étrangères a averti dès le début de la crise, face aux menaces de boycott des JO, qu’
«aucun pays n’avait intérêt à se mettre à dos un quart de la population mondiale». Récemment Jiang Yu, porte-parole du même ministère a déclaré :
«La question du Tibet est une affaire interne à la Chine. Aucun pays étranger ni aucune organisation internationale n’a le droit de s’en mêler.» Il faut laisser la Chine pleurer ses morts et rétablir l’ordre. Une campagne
«d’éducation patriotique» des moines tibétains a été annoncée samedi.
«Vulnérable». Pour Jean-Pierre Cabestan, spécialiste de la politique chinoise à l’Université baptiste de Hong Kong, le discours sécuritaire et le réveil des vieux réflexes nationalistes depuis l’affaire du Tibet montre que
«le régime se sent vulnérable, dans une position défensive». Signe d’inquiétude, la Chine aurait contacté des agences de relations publiques internationales, pour enrayer la dégradation catastrophique de son image avant les JO. Selon le
Financial Times de vendredi :
«
lusieurs agences britanniques et américaines ont été invitées à des entretiens avec des officiels chinois pour un contrat qui inclurait des stratégies de relations publiques pré-olympiques, du media-training et des enquêtes de marché sur la perception de la Chine en occident». Un
«appel au secours», selon un consultant cité par le quotidien britannique.